"la nuit paraît courte dans le plaisir, les veilles semblent longues dans la solitude."
Déjà six mois, qui sont passés étrangement. Étrangement, car j'ai l'impression
que c'était hier et en même temps qu'il y a très longtemps. Déjà presque l'été, et
cette nuit incroyable c'était il y a six mois. Une nuit irréelle, un début parfait. Le genre
de moment que je voudrais vivre plus.
L'autre jour, Maman m'a donné des nouvelles de Gaspard. Il paraissait appartenir à
une autre vie, une autre époque. J'étais tellement naïve et tellement détachée... Je
suis moins naïve maintenant, mais toujours détachée. J'ai l'impression de regarder
quelqu'un d'autre vivre sa vie. Les jours passent et se ressemblent. J'ai une impression
de bonheur... Est-il réel?
Est-ce qu'on sait jamais quand on est vraiment heureux même si quelque chose
nous manque? Le bonheur ça n'est sûrement pas avoir tout ce qu'on veut, car on
veut toujours plus. Une fois un désir satisfait, un autre naît. Comment apprendre
à se contenter de ce qu'on a? Comment apprendre à profiter de la vie au jour le
jour? J'envie tellement les gens qui font ça naturellement.
[Je laisse courir mes doigts
le long de ma pensée déstructurée.]
J'écris, j'écris et le temps passe. Et des gens s'amusent, rient, discutent, sont
ensemble pendant que j'écris. J'écris pour quoi ? Le temps que je tape, ma pensée
a filé d'un autre côté.
[Impossible d'arriver à quelque chose.
Impossible de trouver le courage, la motivation, la force
d'y arriver. Je commence et j'arrête.]
[The hands are up now
Everybody singing
Everybody's movin'
They've programe their feelings
their synchronizin'
And criticizin'
Don't feel bad
Keep your sadness alive. ]
[Don't you know
that misery loves company?]